LA RESILIENCE par BORIS CYRULNIK

Photo : Journal du Dimanche
Photo : Journal du Dimanche

La résilience (*) est un processus naturel, évolutif et interactif, qui dépend plus de l’environnement que de soi : famille, école, milieu culturel. 

 

Le premier facteur déterminant est génétique mais pas inexorable ni forcément héréditaire (les petits transporteurs de sérotonine, un neurotransmetteur présent dans le cerveau pour réguler les émotions, sont plus difficilement autonomes et très émotifs). Le deuxième est la stabilité affective des premiers mois, qui sculpte le cerveau. Et puis l’école, la famille, la culture.

Les récentes découvertes scientifiques montrent que le cerveau est capable de se réparer lui-même. 

C’est ce qu’on appelle la résilience neuronale. Le cerveau d’un enfant atrophié par l’isolement peut récupérer. Pour cela, il faut proposer à cet enfant une niche affective, mettre sur son chemin un adulte sécurisant. Très vite, le sommeil se régularise, les sécrétions hormonales reprennent et le petit recommence à se construire. Le cerveau paraît totalement réparé mais au grand âge, les problèmes enfouis peuvent resurgir, quand le traumatisme n’a pas été mis en mots.

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(*) en latin resalire, "resaut", qui a donné "résilier"

- Les écrivains André Maurois, George Sand, Paul Claudel l’ont employé mais il a surtout prospéré en anglais. 

- La psychologue Emmy Werner a, la première, utilisé ce terme dans son sens métaphorique, soulignant que l’on peut rebondir après un drame dans les années 1980.

 

à partir de l'article rédigé par Anne-Laure Barret - Le Journal du Dimanche 2012